• Kelora

Le Guide du Petit Rôliste

Par Nils


Après une soirée un peu trop arrosée, vous vous êtes dit "eh, ça a l'air rigolo le jeu de rôle en fait" ? Vous avez cédé à la propagande de Kelora pour qu'elle arrête de vous harceler en MP ? Vous vous êtes réveillé un beau matin dans une charrette en direction du roleplay, sans savoir le moins du monde ce que vous foutiez là ? Ah, mais aucun problème, on vous a fourni tous les outils et l'aide nécessaires pour monter votre personnage et découvrir les bases (et vous avez bien évidemment lu tous les autres articles de ce blog). Sauf que vous vous retrouvez maintenant jeté au beau milieu de rôlistes confirmés qui déclament du Baudelaire, refont le Seigneur des Anneaux puis viennent vous voir, alors que vous n'avez toujours aucune idée fixe de ce qu'il convient de faire, ni même d'où se trouve l'astérisque sur votre clavier.

(Je remercie d'ailleurs les dits rôlistes confirmés de quitter dès maintenant cet article, la suite ne vous regarde pas, laissez-nous tranquilles. Vous êtes partis, c'est bon ? Je vous vois, hein. Allez, du balai, retournez vivre des épopées formidables et déchirantes, on arrive dans dix minutes. Non ? Je vais mettre une porte, ça devrait vous occuper suffisamment longtemps pour que je puisse terminer l'article sans que vous ne furetiez.)

Bon, maintenant qu'on est entre nous, je peux vous faire découvrir le pot aux roses. Déjà, ne vous inquiétez pas, les rôlistes ont plus peur de vous que vous n'avez peur d'eux ; et je vais vous donner quelques astuces pour vous en sortir sans le moindre talent ni inspiration. Techniques testées et éprouvées, pour les utiliser moi-même depuis des années, sans qu'ils ne remarquent rien, et viennent parfois même me féliciter de la qualité de mes interventions. Ah, s'ils savaient ! Enfin, on va essayer de faire court et concis, si on aimait lire des pavés, on serait probablement moins obligé d'improviser à l'arrache :




1. On s'en fout, c'est pas noté


Ce n'est pas un conseil, mais avant tout, il faut bien comprendre qu'en tant que nouveau venu, tout le monde se moque de la supputée qualité de votre jeu d'acteur (on pardonnerait même à Cotillard, c'est dire), et que les autres seront au contraire ravis de vous accueillir, pour peu que vous essayiez sincèrement. Vous n'êtes pas le petit stagiaire auquel l'équipe va refiler tout le sale boulot, ou la pauvre personne qui rencontre pour la première fois chez la famille de sa moitié et va devoir subir un interrogatoire en règle. Non, vous êtes plus proche du panda roux trop pipou que tout le monde va s'empresser de venir voir ; alors détendez-vous, et profitez de votre état de grâce pour prendre vos marques en toute tranquillité !


Au pire, abusez-en. Trouvez-en un ou deux particulièrement naïfs gentils, et faites comme dans les groupes imposés en classe : laissez-les se taper tout le boulot (de vous intégrer dans l'action) et récoltez les lauriers avec eux (vous voilà un rôliste confirmé). Il n'y a qu'à se faire le moins lourd possible, rapprochez-vous, restez à l'écoute et prenez éventuellement des notes si vous avez autant de mémoire qu'un poisson rouge… on parlait de quoi déjà ? Bref, tout ira bien.


Et n'oubliez jamais qu'il y a une différence de taille (pensez un tiny vs l'égo de Kyanite) entre être sérieux et se prendre au sérieux. C'est un loisir, là pour s'amuser, et si au même titre que les deux types qui jouent depuis une heure apprécient rarement l'intervention d'un pigeon sur un échiquier, on aime pas trop les BLBLBLBL *tue* (eh toi qui dis "bah si", t'étais pas censé quitter l'article y a quatre paragraphes ?), on est pas là non plus pour que tout soit guindé (d'ailleurs le balai n'est plus fourni depuis 2013). Respirez un coup, prenez un peu de votre boisson préférée, et appréciez le voyage.



2. La curiosité est un vilain défaut, et ça tombe bien, les gens parfaits sont chiants


"Tout ça c'est très gentil, mais comment je RP ? Non parce qu'y en a un qui vient dans ma direction là, et j'ai aucune idée de quoi faire !" - Nils, toutes les treize minutes


Ok, ok, du calme. Première astuce de pro du faire semblant qu'on est un excellent rôliste : faites poser des questions à votre personnage. Les gens adorent parler d'eux, et les rôlistes encore plus de leurs persos ou de la situation. Si vous vous retrouvez en panne d'inspiration, ou que vous n'avez aucune personnalité comme moi le mien, penchez-vous sur celles des autres. Vous relèverez sûrement des détails sur lesquels vous pourrez rebondir, ou ça vous laissera au moins le temps de réfléchir à vos prochaines réponses.


Vous pouvez même vous en servir pour échapper à une question à laquelle vous ne savez pas comment il répondrait, en la retournant contre son interlocuteur. La fameuse Uno reverse card™, qui m'a sorti de nombreux manques d'imagination.


De manière générale, intéressez-vous à tout ! Aussi bien aux protagonistes, qu’aux détails d'une intrigue, au monde dans son ensemble et même au paysage qui les entoure ; interrogez-tout et tout le monde avec votre inspecteur gadget et vous serez rapidement apprécié par le reste de la joyeuse troupe, voire chouchouté par les maîtres du jeu (ce que vous exploiterez sans vergogne plus tard, mais j'y reviendrai).


Modèle de société :

« - D'où venez-vous ?

- Pourquoi ?

- Oh, j'étais simplement curieux.

- Et vous ? Vous êtes ici depuis longtemps ?

- <3615 mylife> » (victoire totale)



3. J'peux pas, j'surveille le stock de pains


Bon, les questions c'est bien mais y a un moment, même le plus bavard des personnages va avoir la gorge sèche, ou se demander si le vôtre n'est pas un agent de la CIA brigade, alors il faut alterner un peu. Le souci, c’est que vous ne savez toujours pas quoi faire de ses dix doigts, à part éventuellement rechercher les dix meilleures excuses pour s'en aller comme un prince. Restez-là, j'ai exactement ce qu'il vous faut : le meublage. À force d'être l'équivalent d'un pied de chaise, j'ai découvert une combine pour donner le change sans réellement faire quelque chose, et appliqué cette technique professionnelle au jeu de rôle.


Cette fois, pas de blabla, tout passe par l'action ! (Eh, je ne parle pas de leur taper dessus. Enfin, pas encore. Mais si jamais : https://armee-royale.forumactif.com/f1-recrutement :nils:). Non, imaginez plutôt un épisode filler d'animé, où absolument tout est bon à prendre pour gratter quelques minutes. Se lever, aller prendre un verre, regarder par la fenêtre, refaire ses lacets (oups non, j'ai dit pas de combat), tousser après avoir pris une gorgée, essuyer son veston qui serait tâché ou en ajuster les manches, essayer de se recoiffer, jouer avec une pièce, se frotter l’œil droit, etc, etc.


Pourquoi ? Parce qu'au même titre que les questions, tout se base sur un échange, et plus votre personnage s'active, plus vous offrez d'opportunités aux autres de réagir, reprendre la main et vous tirer de ce mauvais pas. Essayez tout de même de privilégier des éléments peu anodins, par exemple aller voir de plus près un élément unique du décor, ou qui sont propres à votre héros, comme triturer son bijou (au singulier), ou encore à ses compagnons d'infortune. N'ayez surtout pas peur d'en faire trop, ou d'enchaîner les actions : à moins que vous n'écriviez plus vite que Kelora pendant une word-war (PARTICIPEZ AUX CDV), vous ne risquez pas de prendre trop de place, et vous donnerez au contraire l'impression d'être énergique, voire de donner de la profondeur à votre personnage avec tous ces petits détails.


Certains peuvent même à terme devenir des habitudes, et tout comme les questions, ces actions de remplissage s'avèrent très pratiques quand vous ne savez pas exactement comment il est censé réagir à une situation particulière : outre le tiercé gagnant *secoue la tête*, *fronce les sourcils* et *soupire* (n'hésitez pas à abuser de ceux-là, même les vrais pros le font), vous pouvez toujours vous cacher derrière une pléthore de gestes sans conséquences, histoire de jouer la montre.


Banalités quotidiennes :

« - Nils, je suis enceinte !

- *fronce les sourcils, regardant par la fenêtre*

- ... Tu n'es pas heureux ?

- *remet son épaulette en place*

- Nils ! Je te parle !

- *soupire*

- Tu es un monstre ! *le gifle et part en trombe* » (parfait, ils n'y ont vu que du feu !)



4. Qu'est-c’qu'on fait, chef ?


C'est déjà pas mal, les interrogations sur le mobilier, mais il s'avère qu'il y a des moments où ça ne suffit pas (qui aurait cru que des aventures épiques nécessiteraient plus que de se gratter le nez en se demandant le temps qu'il fait ?). Alors quoi ? On abandonne ? Pas du tout ! Les héros n'abandonnent jamais (officiellement). Vous vous rappelez des deux idi... gentils qui vous ont pris sous leur aile, ou des MJ qui vous apprécient parce que vous leur permettez de développer leur scénario et PNJ ? C'est le moment de récolter les fruits de votre fraude dur labeur !


Il y aura toujours un premier de la classe quelqu’un pour prendre les rênes, au besoin : un joueur plus expérimenté, un personnage au cerveau sur-développé (ou aux chevilles gonflées, plus probablement), un soldat suicidaire ; et même vous, ensuite. Mais en attendant, si vous vous retrouvez en plein passage critique où vous hésitez sur la marche à suivre, suivez plutôt mon exemple : soyez courageux et fuyez les responsabilités ! Vous avez plusieurs pistes, avec des degrés de réussite variables (83 % du temps, ça marche tout le temps), pour vous en débarrasser. Quelques exemples :


- Laisser votre petit protégé être honnête, reconnaître ses limites, et travailler avec ses compagnons pour établir de potentiels axes de résol… hein ? Non !

- Faire demander à votre personnage leur avis aux autres protagonistes (voire utiliser la Uno reverse card™ susmentionnée au besoin)

- Ou lui faire sortir une proposition si absurde incroyable que les autres membres de votre équipée vont décider de s’en occuper à votre place

- Bluffer en disant que vous êtes prêt à sacrifier votre cher et tendre pour le bien de la mission, et regarder les MJ se débrouiller pour vous (à usage unique)

- … qu’est-ce que vous en pensez, vous ? Vous avez d’autres idées ? N’hésitez pas à les laisser dans les commentaires, et n’oubliez pas le pouce bleu ou je ne sais pas comment ça marche ici.


Et voilà ! Vous n’avez plus qu’à vous joindre gaiement à leur plan de tarés stratégie bien ficelée. Bien sûr, c'est une nouvelle occasion d'observer, de noter, de s’inspirer pour pouvoir mener la troupe la prochaine fois. Et comme vous avez re-balancé la patate chaude (hmmm… patate chaude) à un autre, plus rien ne vous empêche d'apporter votre contribution, de compléter avec les compétences de votre personnage, voire, si vous êtes particulièrement sournois intelligent, de laisser votre César en salade herbe émettre de véhémentes objections (à consommer avec modération, il ne faudrait pas que le chef s’agace et vous refile le bébé). Ne pensez jamais que la teneur de votre participation dépende de son rang, bien au contraire ! Avez-vous déjà vu une girafe avec une équipe de six managers pour deux exécutants ? Moi oui, deux mois avant que la boîte ne fasse faillite.


Tactique exemplaire :

« - Nils, les ennemis s’avancent ! Que fait-on ?!

- On devrait foutre le feu à une effigie de Donblas et leur balancer à la tronche.

- ...

- On est encerclé ! Gabrielle ? Une idée ?

- Parfait, on va pouvoir taper dans toutes les directions.

*la moitié de l'équipe meurt* » (bravo, vous avez rempli votre rôle à la perfection et n'êtes responsable de rien !)



5. Y a que ceux qui font rien qui font pas de bêtises


D’ailleurs, je vais vous révéler l’un des secrets les mieux gardés de la communauté hippie RP : vous savez ce qu’on dit, que le silence est d’or ? Eh bien, voyez-vous, les rôlistes aiment l’argent. Et c’est là où vous entrez en scène ! Une petite question ou action comme dit précédemment, pour signaler que votre personnage est toujours là, et puis rideau. Votre pièce montée, dont vous avez mis douze jours, quatre fichiers Excel et deux crises de nerf (pas nécessairement les vôtres) à réunir les ingrédients, n’a pas besoin de se trouver constamment au devant du danger, ni de la conversation pour vous placer comme une sommité du jeu de rôle. Au contraire, des fois, la meilleure chose à faire est rien.


Mais attention, il y a l’art et la manière de ne rien faire ! Ça nécessite une dose de préparation, de la précision et un peu de piment. On ne devient pas bon à rien du jour au lendemain. C’est un vrai savoir-rien-faire. Je sais, vous êtes pressés ; aucun problème, je vais vous donner un cours accéléré, en tant qu’expert du rien à faire : tout est dans le timing.


Imaginez un mille-pattes cotre (je sais, c’est bateau) où vous seriez tous rassemblés. Votre personnage vient de débarquer, et on l’accoste après qu’il ait jeté l’ancre l’éponge un froid. Plus il ne fera rien, plus on se demandera ce qu’il fait. Ce qu’il pense, d’où il vient, ce qu’il veut. C’est hyper mystérieux. Comment ça, c’est naze ? Bon, bon.


Essayons le Titanic. Votre personnage converse avec di Caprio, puis Kate Winslet arrive, et suite à de rapides présentations, ils se mettent à se faire les yeux doux, discuter de souvenirs communs, voire, plus problématique, parler d’autres gens à chercher, d’objets à retrouver, etc. Vous êtes bien embêté, parce que vous ne la connaissez pas vous, la quête, et malgré tous mes précédents conseils (très avisés), après quelques questions et avoir agité les bras à la tête du paquebot, vous ne savez plus comment participer sans avoir l’impression de jouer l’iceberg. Mais c’est parfait ! On attend rien de vous ! Vous êtes le roi du monde libéré, délivré de toute pression. Prenez votre pop-corn, et appréciez le spectacle. Notez bien tout ce qu’il se dit, et comme Leonardo, la prochaine fois, vous aurez le bon rôle !


Imaginez maintenant le navire en pleine mer de la campagne en cours, secoué par la tempête qu’est l’intrigue. Si vous vous agitez tous en même temps, vous risquez de chavirer, et la plupart des gens n’aiment pas quand tout tombe à l’eau. Alors que s’il ne bouge pas d’un mille pendant que les autres s’accordent s'encordent chacun leur tour (de taille plus ou moins développée), on le félicitera d’avoir maintenu l’équilibre (dans les forces). On vous remerciera de n’avoir rien branlé ! C'est bon, vous commencez à saisir l’idée ? Parfait !


Un grand classique :

« - *agrippé au bord de la falaise* Nils !

- *ne réagit pas*

- *glisse de plus en plus* Aide-moi !

- (...)

- *lâche prise et chute cent mètres plus bas*» (incroyable, vous avez résolu la situation sans rien faire !)



6. J’dois y aller


"Quarante-douzième heure de RP. Après plusieurs litres de café, mes mains atteignent 13 sur l’échelle de Richter. Mes deux neurones m’ont quitté depuis longtemps. Je lance le dé : encore un échec critique. Le random mob pare une nouvelle fois. Nous ne sommes toujours qu’à l’entrée." - Journal de donjon du soldat Nils, 1212

Pour le coup, c’est pas un mystère : ils sont fous ces rôlistes. Voilà des plombes que vous louvoyez brillamment pour tirer votre épingle du jeu de rôle, en employant toutes les précédentes techniques avec brio, mais ils continuent, encore, et encore, et encore, comme un malade qui vous lâcherait pas avec sa cuillère, et vous ne savez même plus si le personnage en face s’appelle Marguerite Yourcenar ou Canard. Le truc, c’est que maintenant que vous avez embarqué dans l’aventure, vous voudriez quand même continuer à suivre, parce que sunk cost fallacy c’est passionnant. Aucun problème ! J’ai ce qu’il faut pour vous : la pause. "Mais y a pas de bouton start dans le RP !?" Et bien si ! Mais d’abord, vous devez apprendre quelque chose, qui est sans doute la découverte la plus révolutionnaire depuis la physique quantique ou la boule que quand tu la retournes ça fait de la neige : les rôlistes sont aussi des êtres humains (sauf Kelora. Elle c’est probablement une licorne alien.) Vous pouvez leur demander gentiment, et ils comprendront. Bien souvent, d’autres qui ne connaissent pas ce cheat code, ou ont oublié qu’on pouvait effectivement s’arrêter cinq minutes parce qu’ils ont la tête dans le c... guidon vous loueront pour l’avoir proposé (intérieurement, ils vont quand même pas admettre qu’ils quitteraient bien leur clavier un instant, image de nerd à entretenir, tout ça). Bon après, c’est comme le reste, y a aussi une question de timing. Demandez une pause pendant la charge des Rohirrim et vous mériterez de vous cogner le petit doigt de pied contre tous les meubles que vous croiserez pendant le restant de vos jours ; mais en dehors de ça, n’hésitez pas !


Et ce n’est que le cas où vous tenez vraiment à tout suivre, même le type qui refait ses lacets. Dans d’autres situations, votre personnage lui-même peut s’absenter et vous permettre d’aller vérifier s’il vous resterait pas un peu d’compote, parce que le sang et les larmes ça ouvre l’appétit, sans bloquer le reste du groupe ! Et ce, de manière plus ou moins subtile, en fonction de la durée estimée de votre absence :


- Pour un laps de temps assez court, ma préférée reste mon personnage qui se perd dans ses pensées (c’est drôle parce qu’il est stupide. Jeu d’acteur.) Pas besoin de quitter la scène, vous prévenez les autres (ou non, si vous aimez les paris, mais ça c’est une technique un peu trop avancée pour un cours d’initiation). Les autres joueurs s’arrangeront pour le laisser prendre la pose.


- Si vous estimez que vous allez prendre plus qu’une minute ou deux (ou ce qu’il y a après deux), n’importe quelle raison est bonne à prendre pour que votre personnage s’écarte momentanément de l’action. C’est toute la beauté du fantastique, où "j’ai un poney sur la porte qui sonne au feu du tunnel" est une excuse valable ! Mais sinon, vous vous souvenez du principe d’être curieux et de s’intéresser à l’environnement ? Si votre petit pipou ne se souvient pas d’une chose particulière à faire, il peut tout bonnement attraper un monocle et aller inspecter quelque chose plus loin.


- Reste le contexte le plus délicat : vous devez impérativement partir parce que ce vilain de patron vous rappelle que vous êtes censé être au travail, mais voilà, vous êtes à fond dans l’histoire (MACHIN VA-T-IL ENFIN AVOUER SES SENTIMENTS A… euh, j’veux dire, "faut sauver le monde". Ouais.), et déjà que vous en êtes à lire les divagations d’un esprit malade pour faire semblant que vous savez ce que vous fichez, si vous loupez un épisode, vous avez peur de perdre le peu de fil que vous êtes parvenu à tisser. N’ayez crainte ! Non seulement, comme dit précédemment, rater un peu d’action ne vous fera perdre aucun point dans le classement, mais vos copains les MJs, là, vous vous en rappelez ? C’est le moment de les exploiter ! Ils notent tout, et ils vous refilent leur cahier sans même que vous ayez à le demander ! Y a plus qu’à lire, et si vous les avez bien caressés dans le sens du poil avec mes recommandations de Pro RPeur®, vous pouvez même aller jusqu’à leur proposer une petite séance de torture rattrapage, pour votre personnage. Alors utilisez les mêmes excuses pour le retirer définitivement de l’action, voire une blessure (ouah c’est badass en plus), et allez dormir tranquille, ils vont bosser pour vous pendant votre sommeil, ah !


An Ace that won’t quit :

« - A moi ! On m’agresse !

- *va étudier les fleurs plus loin*

- Aaaargh...

- *revient sur ses pas* (génial, vous avez pu aller chercher votre paquet de bonbons sans bloquer l’action !)



7. C’était totalement calculé


Bon, avec tout ça, je pense que vous êtes suffisamment équipé pour faire face à n’importe quel scénar’. Mais voilà, y a des jours, on est pas au plus haut de sa forme et le fond de veau en pâtit, et vous avez pas de tomates pressées sous la main. Hein ? Oui, des fois, la sauce prend pas, votre personnage est mou du genou (et c’est pas une flèche), votre potentiel d’actions limité et rien faire épuisant. Détendez-vous. Une petite panne de temps en temps, ça arrive même aux meilleurs, et malgré tout mon génie, j’ai aussi quelques fois souffert d’une absence cruelle d’idées, qui m’a d’ailleurs parfois (euphémisme ? Je connais pas ce mot.) poussé à faire n’importe quoi de mon dieu vivant. Aucune importance ! Comme les criminels avec Donblas et son armée d' incapables incapables, vous avez droit à vingt-six deuxièmes chances de vous rattraper ! Tout ce qu’il vous faut, c’est un zeste de bonne foi, c’est à dire ne jamais admettre que vous vous êtes plantés (en beauté, parce que vous avez toujours la classe maintenant). Tout s’est déroulé exactement selon votre plan, que vous allez expliciter… après. Quelques heures plus tard, le lendemain, ou dans les jours à venir. Comment ? Par un petit jeu de dupes que j’aime appeler fuck teemo la manœuvre rétro-planifiée.


Elle peut se décliner en une simple idée trouvée à posteriori que vous glisserez habilement dans une action ou plutôt un dialogue, jusqu’à sa forme la plus évoluée (quand vous avez cumulé un certain nombre, voire un nombre certain, de loupés) : le texte. Ce monde merveilleux où la seule limite est le nombre de synonymes trouvés sur les dictionnaires en ligne, où vous pouvez pomper les trois-quarts de votre contenu sur le TDS et être félicité de vous intégrer à l’univers, puis compléter le reste avec un maximum de name-dropping pour attirer les likes ; mais surtout un support vous avez toute liberté pour faire briller votre champion (aussi connu sous le nom de "c ki le mj maintenant"). Et là, pas de quartiers !


- Votre guerrier a été complètement inutile en combat ? Il a été paralysé par un traumatisme d’enfance qu’il va petit à petit surmonter !

- Votre érudit a répondu totalement à côté de la plaque ? Il cherchait à tester les capacités de ses compagnons, parce qu’en vrai, maintenant que vous avez le site sous les yeux, il connaît vachement bien son histoire.


Et j’en passe et des meilleures. Mettez-vous en tête une chose : il n’y a pas d’erreurs, seulement du lore pas encore développé.


C’était totalement mutuel :

« - Tu veux être ma copine ?

- HAHA. Non.

- Pendant son temps libre, Nils adorait jardiner, alors il cumulait les râteaux pour entretenir son carré de potager. » (impressionnant, votre personnage a maintenant une profondeur insoupçonnée ! )



That’s all folks ! Vous voici désormais un professionnel du jeu amateur. Je tiens à remercier mon incompétence, sans qui rien de tout ça n’aurait été possible, la communauté pour l’anneau, et vous pour avoir scroll directement jusqu’à la fin. Oh, et un dernier petit conseil : ne suivez jamais mes conseils.

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