Les Grimbald
Selon nos récits, les Grimbald font partie d'une famille de personnes qui n'ont jamais cherché la gloire ou la reconnaissance, si bien que généralement, ils ne donnaient que leur prénom et plus rarement leurs noms. Cependant, il est arrivé qu'on entende parler de l'un d'eux et que l'on puisse recouper son ascendance généalogique pour découvrir en finalité qu'il faisait partie de la famille des Grimbald.
C'est aux alentours du VIIIème siècle après les temps communs qu'on n'a plus du tout entendu parler d'eux. Ils ont eu le nom des Grimbald pendant environ trois siècles, du Vème au VIIIème. Et auparavant ils portaient plusieurs noms différents, ce qui est plutôt trouble puisque les écrits se raréfient et que l'on doit compter sur les traditions orales.
La chance a fait qu'un membre du Temple de Dranig a découvert une fresque perdue lors d'une expédition prenant place dans des ruines des terres désertiques de l'autre côté du mur du bout du monde. Nous pensons, avec le recul, que c'était un ancien Temple de divinités aujourd'hui oubliées. Ce Temple aurait été, semble-t-il, érigé en l'honneur des enfants du coeur de Donblas. Les enfants maudits d'Aariba.
Jusque là, personne n'avait su faire le lien entre ce temple et la famille que nous connaissons sous le nom des Grimbald. Selon les recherches généalogiques que nous avions demandé au Temple de Dranig, le nom des Grimbald a subi de nombreuses évolutions.
En effet, si la plupart du temps les noms évoluent par mariage, celui-ci est resté constant, une sorte d'héritage de leur passé, quelques filiations maritales nous ont permis de nous assurer du bon fondé de notre théorie. Le mariage avait beau avoir lieu sous le regard de notre Déesse, les femmes ne changeaient pas de nom bien qu'au fur et à mesure des siècles et des recopies, le nom ait été altéré.
Le premier ancêtre ayant un différent nom est nommé Grimbold, puis se sont suivis divers noms jusqu'à ce que nous retrouvions celui-ci : Grinmold.
Puis, Ginmorlid, Morginlid... Jusqu'à arriver à Liumorgin. Et là, alors que nous pensions être tombé dans une impasse, notre associé du Temple de Dranig a contacté un membre du Temple de Vanilius pour retrouver l'étymologie du terme Vanilius qui signifie Vani : le guide, Lius : ce qui subsiste après la mort. Leur entente nous a permis de découper le nom. Lius - Morgin. Ce qui subsiste après la mort de Morgin, fils d'Aariba.
Or dans le Temple en ruine, la fresque - pratiquement intact - montrait une version bien différente de l'histoire que nous connaissons au sujet des enfants maudits d'Aariba.
La fresque était dépeinte de la sorte, en premier plan il y avait, grande et puissante, Narthe, son arc en main, face à quatre individus plus petits, qui semblaient s'écraser face à Narthe mais qui restaient présentés avec les codes des divinités. Ainsi nous avons déduit qu'ils étaient Oliu, Morgin, Gurl et Ptaché. De par l'absence de représentation des enfants maudits de la déesse nous avons grande peine à savoir qui était lequel, nous ne reconnaissons Narthe qu'à son arc légendaire et au loup gigantesque qui la suit, symbole des anciennes représentation de la Déesse. L'un des enfants de la déesse, que nous considèrerons plus tard comme étant Morgin, était le plus éloigné de Narthe, une flèche logée en plein coeur, il tendait la main vers le sol. Après reconstitution du bas de la fresque, nous avons pu constater qu'il tendait la main vers des êtres représentés dix fois moins grands que les enfants divins, et plus précisément une femme qui portait dans son bras un nouveau-né, autour de cette femme, des traits ont été gravés, comme une lumière divine. Sur le dernier plan de la fresque, on a pu remarquer la présence d'Aariba, symbolisée par la moitié d'un coeur, un sceptre. Une larme a été gravée sur la joue de celle qui a perdu le sourire.
