(Pourquoi le HRP tue le RP ?)

Le retour des titres aguicheurs qui font de l’œil ! (la troisième ne va pas vous surprendre, rassurez-vous)

En fait, c’est venu d’une réflexion que je me suis faite dans un quelconque transport en commun, la veille on avait eu un début de RP un peu chaotique avec l’utilisation du HRP et je me suis demandé : pourquoi ça m’a sortie à ce point du jeu ? En soi, c’était essentiel comme question afin de permettre de pouvoir garder un peu de cohérence.

Si pour la création de personnages je pense avoir suffisamment de bouteille pour pouvoir balancer ce que je vais raconter sans warning, pour ça, ce sera un peu différent et centré bien davantage sur ma propre expérience et mon rapport au RP. Si vous n’êtes pas d’accord, rendez-vous en commentaires, je serais curieuse de vous lire. Parce qu’au final, on est plus proche des élucubrations et des pensées que d’un véritable article.



Choisir le moment pour HRP

Le Hors-RP est d’utilité publique, je le dis et je l’assume. Que ce soit pour discuter de joueurs à joueurs et pouvoir faire vivre la communauté, à clarifier des éléments, puis enfin dire des conneries. On l’utilise tous, moi la première, et parfois on en abuse.

Savoir quand on peut se permettre de balancer une petite série de phrases entre parenthèses relève autant de l’art que de la roulette russe. On ne sait finalement jamais quand est-ce que ce sera bienvenu ou non, ça dépend des joueurs que vous avez en face, de leur état d’esprit, de l’avancement dans la soirée et dans la quête. Une quantité de formidables de petits facteurs qui ensemble donneront le résultat de votre phrase HRP.

On différenciera alors : la discussion, la remarque et la question.

La remarque, cas le plus simple, permet de sortir une plaisanterie ou une précision que l’on jugerait utile.

La question, quand on a besoin d’une précision pour pouvoir incarner son personnage correctement et être cohérent avec ce qu’il a vécu.

La discussion intervient souvent après les deux autres cas, ça consiste en une série de parenthèses imbuvables.

Il y a bien sûr d’autres cas qui vont se présenter, mais on va rester sur cette base-là qui sont les cas les plus récurrents de mes observations.

Les deux premiers ont tous un risque d’amener le troisième, et s’ils sont essentiels, le troisième est souvent une plaie, ce qu’on va voir un peu plus tard. Le bon moment pour HRP, est quand il n’y a pas d’autres options possibles. C’est quand on ne pourra plus jouer sans avoir la réponse à cette question et que le personnage est obligé de la connaître. Et encore, sachez que ce sera toujours un mauvais moment.



L’immersion, ou le sel du RP

Ou la raison pour laquelle j’ai toujours préféré le RP au jeu de rôle. J’ai fini par développer, avec le temps, une limite plus floue entre mes propres émotions et celles de mes personnages. Ce n’est pas avec tous mes personnages que j’atteins ce niveau d’osmose, pour autant je le recherche avec tous. Ce moment où vous allez vibrer avec lui, craindre que l’un de ses alliés meure avec lui. Bref, le meilleur moment du RP. Et tout ceci passe pas l’immersion, le fait de vous conformer à la pensée de votre personnage. Je ne sais pas si beaucoup d’entre vous veulent se mettre à ce point dans l’histoire, personnellement je n’rp que pour ça.

A chaque HRP, j’imagine que ça rend plus difficile cette immersion. Et je vais prendre un exemple étrange, mais lors de son interprétation du Joker, Heath Ledger, afin de pouvoir comprendre réellement le mécanisme du personnage, s’est enfermé pendant plusieurs semaines dans une chambre d’hôtel, seul. Et, pour en avoir un peu discuté et l’avoir étudié, l’être humain coupé de toute sociabilisation le supporte très mal. Surtout dans les cas de privations à ce point-là. D’ailleurs, petite digression, c’est ce qu’un de mes oncles m’avait raconté : il avait fait l’ascension d’une montagne dont j’ai oublié le nom, et chaque jour il écrivait dans son journal. A la fin, il était délirant, à cause de la privation d’oxygène d’une part, et d’autre part de la solitude. Bref, la folie est probablement l’un des éléments les plus difficiles à jouer. Pour en revenir au sujet principal, nous sommes des acteurs (de l’histoire), et si certains ressentent le besoin de s’isoler pendant tout ce temps pour incarner ce personnage, si certains ne peuvent pas s’arrêter de pleurer après une scène dramatique, si certains veulent jouer toutes les scènes et refusent d’avoir une doublure, vous comprendrez que je considère que pour interpréter un personnage il faut se mettre dans l’ambiance.

Voir les choses de son regard, vivre comme lui, et à chaque fois que vous utilisez les parenthèses, vous sortez un peu de votre personnage pour redevenir vous-même. Êtes-vous sûr qu’il aurait la réponse à la question que vous posez ? Êtes-vous sûr que votre personnage n’aurait pas pensé à cette plaisanterie ?

Parlez-en RP, créez de l’interaction, le HRP ne compte pas, il n’existe pas. Vous êtes votre personnage, posez les questions qu’il se pose, pensez les remarques ou plaisanteries qu’il pense, ou dites-les. Vous verrez, ça lui donnera du caractère et si vous ne l’avez jamais vécu, ce moment terrible où vous allez vous énerver avec votre personnage, sourire derrière votre écran en même temps que l’être que vous incarnez, vous pourrez le vivre. N’oubliez pas qu’à chaque discussion HRP, vous vous empêchez de le faire, et à priori vous prenez le risque de le briser chez autrui.



L’utilité d’éviter le HRP

On va devoir accepter un point assez délicat, si nous ne sommes pas parfaits, nos personnages ne le sont pas non plus. Ils commettent des erreurs, se trompent et parfois se méprennent. Est-ce que c’est mal ? Au contraire, ça leur donnera de la crédibilité en tant qu’individu. En plus, ça apportera des dynamiques. Une fois que vous avez accepté que votre personnage peut passer pour un con (quand bien même ce serait un archimage, maître paladin, ou autre, hein. Les compétences et l’âge n'empêchent pas de faire des erreurs), ça permettra de pouvoir passer au reste.

Même, au fur et à mesure de mon article, comme bien souvent, je me suis rendu compte que même moi je l’utilisais trop.


Lorsque vous avez une question pour votre personnage, à mon sens il faut essayer à tout prix d’éviter le HRP. On l’a vu, ça vous apportera bien plus de la poser en RP. Mais parfois, c’est pas le moment : vous savez, les deux personnages sont en face à face, ils discutent depuis quelques temps, vient le moment de parler de soi et vous n’êtes pas certains de ce que vous a dit son interlocuteur. Vous sentez que vos personnages sont en osmose, et vous êtes pas sûr. Là, personnellement, pour ne pas briser l’instant et pour ne pas créer de petits quiproquos, je m’assure d’avoir bien compris avec un /msg joueur Il a bien voulu dire ça [insérez interprétation] ?


A l’ancienne époque, *mamie Kelora*, les parenthèses apparaissaient pour des discussions le plus souvent enflammées lors des combats RP. Combien de rôlistes n’ont pas discuté de ça, essayé de régler le problème, parce que ça ralentit aussi le RP ? Mais pour autant, c’est essentiel pour faire un bon combat RP, demander une précision sur le coup plutôt que se contenter des *frappe* // *esquive* (vous le saurez, je bannis le mot esquive tout seul de tous mes combats, c’est la pire chose, mais je vous donne rendez-vous dans le Guide du Petit Combattant RP pour ça). Là, vous demanderez comment, et là ce sera utile.

Le HRP peut être utile en fin de soirées, quand la fatigue avance, une petite plaisanterie, glissez-la en join ou en pensées comme dit, ce sera sans doute bienvenue… Mais ne nourrissez pas la discussion outre mesure.



Aparté sur la cohérence

J’en profite pour faire un petit aparté sur ma vision de la cohérence en RP. Beaucoup pourront le dire, je suis une emmerdeuse patentée avec ça. Je vais chercher à justifier l’économie avec des stats tellement imbuvables que personne ne les lira, je vais codifier la magie à tel point que certains courants pourraient devenir impossibles à maîtriser. J’aime rajouter des règles et les suivre scrupuleusement.


Mais si l’on créé des règles c’est uniquement pour avoir un moyen de les détourner. J’ai vu pas mal de personnes qui ont été gênées par la cohérence, que ça vienne de leur personnage, de la scène, chose que je peux comprendre. Pour autant, serons-nous un jour réellement cohérents ? Question rhétorique, c’est un jeu, on ne sera jamais à 100% cohérent. Comme en JDR, le MJ peut aller à l’encontre des règles, comme dans un film, le personnage ira parfois à l’encontre de ce qu’il aurait dû faire. Comme dans la vraie vie, où on ne suit pas toujours notre ligne directrice.


Alors, je dirais quelque chose, la cohérence s’arrête aux limites du fun, aux limites de l’intégration et aux limites du RP. Elle est une part du RP, mais elle ne sera jamais prédominante sur le reste. Ça ne veut pas dire qu’il faut la jeter comme une vieille chaussette, à mes yeux, ça signifie simplement que si la cohérence ne permet pas de pouvoir s’intégrer et faire vivre à votre personnage de formidables aventures, elle devient inutile et un boulet qu’on se traîne à la cheville.


Aussi, prenez en considération que la cohérence de votre personnage est votre création, c’est vous qui avez le véto présidentiel dessus. Vous êtes ceux qui décident de ce qu’est ou n’est pas votre personnage, vous serez influencés par le RP, mais la cohérence se plie et se tord. Comme lorsqu’on justifie que Danava a été enfermée dans un placard (voir quête elfes noirs), en disant que c’est un avatar parce que c’est incohérent. Tout peut être rendu cohérent, chaque action peut être vue sous un prisme différent. C’est votre rôle d’accepter que parfois vous n’aurez pas quelque chose de cohérent et de le justifier à posteriori si vraiment ça vous dérange.

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